l'Alliance Sophronique

Lorsque deux personnes se rencontrent, il se crée une certaine forme d’alliance. L'alliance sophronique est un élément essentiel en sophrologie caycédienne.

Elle désigne la relation privilégiée qui se met progressivement en place entre le sophrologue et le sophronisant pendant le processus d’apprentissage des techniques sophrologiques.

Le Professeur Alfonso Caycédo décrit l’alliance ainsi :
"Pendant l'alliance sophronique, le sophrologue renonce au caractère directeur, impératif et se limite à l'enseignement des méthodes et procédés sophroniques que le patient ou élève réalisera suivant sa propre initiative". Cette relation de "personne à personne" se réalise grâce à un climat de confiance, d'échanges et d'empathie du sophrologue. Ce dernier ne reste qu'un "passeur" qui se doit d'être le plus juste possible, conscient de ses limites… c'est-à-dire, d'être dans sa réalité objective.

Pour accéder à cette alliance sophronique, le sophrologue doit respecter plusieurs principes :

l'Intentionalité du sophrologue : Renoncer au pouvoir et au savoir sur l’autre. C’est une relation phénoménologique de sujet à sujet. C’est le sophronisant qui sait pour lui- même. Le principe de base de la relation entre le sophrologue et son patient est un rapport entre adultes, entre deux sujets. Il n’est pas question de voir l’alliance formée par ces deux protagonistes comme hiérarchique, le sophrologue étant un maître et le patient un élève qui doit apprendre, écouter et obéir. Le sophrologue a un savoir et son rôle est de le transmettre au patient, de lui apprendre la méthode et lui remettre les outils dont il a besoin pour arriver là où lui a décidé d’aller, pour réussir à changer ce qu’il veut changer, en toute autonomie.

La réalité objective du sophrologue : être conscient de soi à tout moment dans la relation pour être attentif à ne pas projeter sur l’autre, il porte notamment attention à ses irritations ou à ses emballements. Cela nécessite un entraînement personnel et un travail sur soi (supervision, travail thérapeutique si nécessaire). Le sophrologue conscient de ses propres projections renonce à exercer du pouvoir. Il est pratiquant de la sophrologie. Etre au plus juste, c'est aussi pour le sophrologue être conscient des réactions transférentielles et contre-transférentielles qui s'opèrent comme dans toute relation humaine.

L'acceptation inconditionnelle de la personne dans ses différences par le sophrologue. Le sophrologue accompagne et soutient la personne dans son épanouissement qui lui est personnel, légitime et juste. Il voit la personne telle qu’elle est et non telle qu’elle devrait être. Le sophrologue entre dans le monde du patient, le comprend, le ressent, le respecte. Il épouse sa réalité pour l’aider à l’embellir, à la positiver. Cette qualité de relation permet un espace de rencontre d'être à être. La subtilité de l’alliance sophronique est de comprendre que le patient va apprendre du sophrologue mais que cela est réciproque. Le sophrologue doit savoir écouter la personne et pouvoir apprendre d’elle. Il y a un équilibre entre ces deux personnes, une alchimie de confiance, de respect et de partage. Tout le monde peut apprendre de tout le monde. Tout le monde doit apprendre de tout le monde , sans jugement, sans arrières pensées bloquantes, sans considération d’âge, de culture, de niveau social ou professionnel.

La mise en place d'une relation pédagogique basée sur l’adaptabilitéet l’autonomie: Le sophrologue guide les personnes vers une autonomie de pratique et adapte les pratiques. Le transfert des connaissances se fait par l’expérimentation des sophronisants et par l’invitation à adapter. L’autonomie développée au cours des séances va se répercuter en dehors du cabinet. Le sophronisant devient plus actif par rapport à lui-même, par rapport à ses choix. Il devient finalement son propre guide. L’alliance qui se forme entre le patient et le sophrologue est inévitablement vouée à rupture et heureusement !

La guidance de la sophrologie vivantielle basée sur la présence du corps : la relation qui s’appuie sur le vécu corporel est pragmatique et indiscutable. Les sensations amènent aux sentiments. Le corps ne ment pas, c’est la sécurité, la relation ainsi basée sur le vécu corporel permet au sophrologue et aux sophronisants de ne pas se « raconter d’histoire » et d'être dans l'authenticité.

La notion de tridimensionalité temporelle: Le sophrologue doit voir le sophronisant avec ses valeurs-telles qu’elles se sont exprimées dans le passé, telles qu’elles s’expriment maintenant et telles qu’elles s’exprimeront demain. Le sophrologue laisse s'exprimer les potentialités, les ressources et les possibilités d’évolution de chacun.

Garantir bien sûr la confidentialité.

Seuls le cadre et l'alliance sophronique ainsi posés peuvent procurent un sentiment de sécurité aux personnes accueillies, qui peuvent être authentiquement ce qu’elles sont dans leur singularité et leur individualité, et créent un véritable espace pour l'évolution.

linkedin facebook pinterest youtube rss twitter instagram facebook-blank rss-blank linkedin-blank pinterest youtube twitter instagram